2ème descente

Mon père est malade, ma soeur s’est occupée de lui. Patiemment, avec amour. J’étais loin. Je l’ai vu quelquefois en secret de ma mère. Elle nous obligeait aussi à cela. J’ai vu mon père dans sa bulle, en retrait. Il m’a parlé. A pleuré. J’avais les mots, mais je n’étais que rarement là.

Un jour je suis allée le retrouvé pendant tout un après-midi à l’hopital. Je lui ai pris un livre de Brassens, sur sa vie (merci Stéphane) et nous avons même chanté ! Il était au bout mais il a chanté ! Il est parti quelques temps plus tard.

Je n’ai pu être là le soir de sa mort. Grève des trains à Paris. J’ai appris son décès en pleine gare. Je me souviens avoir incendié la jeune femme qui voulait me servir quelque chose.

Si ma soeur s’est occupée de tout, j’ai pu préparer un départ particulier pour mon papounet. Des chansons de Brel, Brassens, Trenet, des mots de proches… puis il est parti.

Son décès était sans doute un soulagement face à  la maladie de Parkinson. Sans doute. Ma meilleure amie bouddhiste m’a dit de jolies choses sur sa renaissance. J’ai souri. Ma soeur, sur son île, m’a parlé de paradis.

Il y a eu d’autres soucis familiaux, tous plus noirs les uns que les autres, qui ne me touchaient pas personnellement certes mais qui concernait mes proches…. je suis intervenue, j’ai fais ce que j’avais à faire et puis je suis repartie.

 

Ma mère a passé cette période comme elle a pu… à peine consciente de ce que nous faisions ma soeur et moi. Puis je lui ai trouvé un appartement en centre ville. Je suis restée un peu avec elle, une semaine pour m’occuper de la maison, du déménagement à venir, du notaire…. et nos disputes ont recommencé ! Elle n’avait plus mon père (qui lui passait son temps à se taire) alors je suis redevenue son ado, sa fille……

 

J’ai refusé, j’ai passé d’ailleurs le plus terrible anniversaire de ma vie avec elle. Une mère n’a pas le droit de faire et dire ce qu’elle m’a dit… une mère…. Je suis partie calmement en lui disant que je ne reviendrais pas et que je la plaignais.

 

6 années

En attendant, l’amie avec qui je partageais une colocation est partie sans payer de loyer et en me volant… après maintes contestation je suis partie en procès (et bien oui comme quoi tout arrive) et j’ai été affiliée au surendettement (terminé).

 

 

Mon autre soeur

L’une a trouvé refuge dans la religion et l’amour de Dieu.
L’autre s’est mariée très jeune, à peine majeure. Mariée à un homme qui ressemblait à Magnum (pour les fans de séries des années 80).

Elle est partie de la maison familiale pour créer son propre foyer et vivre un enfer. Celui de la violence.
Son mari peut être aussi charmant que violent.

Dès l’âge de 8 ans j’ai compris et vu certaines choses, je la questionnait sur les bleus… Son regard fuyait, sa voix s’agaçait si l’on insistait. Les années ont passé. Elle a eu des enfants (qui sont partis tôt du foyer) et n’est jamais partie du foyer.

Ses enfants ont vécu. Heureusement, pour le peu que j’en sache, ils ont su devenir des personnes aimantes pour leurs propres familles. Je n’ai pas été là pour les aider tout le temps mais moi aussi j’ai fuis.

Elle a subit tout cela (moralement et physiquement) pendant près de 50 ans.

J’ai vécu avec eux quelques mois, par obligation médicales. Ils ont eu la gentillesse de me recevoir chez eux en hébergement. J’en suis partie en comprenant ce qu’elle pouvait subir en perversion.

J’ai fuis la aussi pour ne plus jamais y revenir. En fait j’ai compris qu’ils s’aimaient ainsi d’après elle. Que c’était de l’amour.

Lorsque je suis partie de « chez mon beau-frère », je suis passée devant lui et j’ai dis au revoir au chien.

Je pense que lui aussi à vécu des choses difficiles dans son enfance. Il n’a pas pu/su analyser et guérir de cela. Ses enfants en ont porté le poids.

J’ai repris contact il y a peu, par téléphone.