Ce moment où…

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Photo by Miguel Á. Padriñán on Pexels.com

Il y a 3 secondes, j’ai arrêté le temps ! Regardé cet écran et juste à côté une petite chatonne qui vient se pelotenner entre l’ordinateur et moi… Elle me fait un bizzzzzzou et se rendort, confiante.

En ce moment je suis riche de rencontres entre mes coachings, les interviews pour le journal et mon univers « coaching » qui reprend de plus belle.

Mais ce moment où…. ses petites pattes emprisonnent les miennes, l’ordinateur attendra… je reviens « aux petits riens, à l’essentiel… ». A ce qu’une respiration s’accélère ou s’arrête…

Confiante, elle me montre son ventre, oui, l’ordinateur attendra…

Ma soeur « libre »

Pendant que je tentais, autant que possible, de suivre mes études, ma famille s’éclatait en morceaux. Mes parents se disputant régulièrement parce que mon père rentrait tard…. j’ai même compris un jour que ma mère l’avait surpris en train de voir « des filles sur scène ».

Ma soeur aînée, dès lors qu’elle s’est enfuie de la maison parentale, a toujours tenté de vivre en liberté, révolutionnaire, non plutôt spirituelle. Recherchant toujours l’amour auprès d’autres vies, d’autres lieux.

Elle a eu de nombreuses vies, elle a fait de nombreux dérapages, 4 enfants plus tard, une île éloignée, un second couple qui semble avoir tenu.

Je l’ai a-do-ré. C’est elle qui m’a tout appris. La riposte, la réflexion, le doute, l’envie de… Ma mère voyait notre relation nocive. Elle nous interdisait de nous voir, de nous parler. C’était le diable ma soeur. Cette dernière est devenue témoin de Jéhovah. J’ai longuement appris avec elle, au sein de son groupe. Mais j’en suis partie.

Il y a plus de 20 ans, lors de mon premier voyage dans son île, nous étions enfin libres de nous prendre dans les bras l’une de l’autre. Elle m’a fait découvrir cet endroit mystérieux. Nous avons parlé religion. Nous avons parlé de Dieu.
Ce n’est pas tant soit peu la religion qui m’a arrêté mais Elle. Oui, elle que j’ai tant adoré et qui a été une maman pour moi m’a fait fuir son île pour ne plus jamais y revenir.

Simplement parce qu’au fond, elle était comme ma mère. Elle n’avait qu’un seul but, m’avoir. Me protéger sans doute, mais m’étouffer. Son autorité était identique à celle de ma mère. Donc lorsqu’elle m’a dit « si tu n’es pas témoins de Jéhovah, tu ne fais plus partie de la famille », je l’ai prise au mot et je suis partie pour ne plus jamais y revenir.

Mon enfance

Dès la maternelle, j’ai compris que je n’étais pas comme les autres. A la récréation, les autres m’évitaient. Je faisais semblant de courir après quelqu’un au mieux, au pire j’essayais de rentrer dans les couloirs pour me cacher et attendre la reprise des cours.
Je traînais des pieds, marchant à l’intérieur. Les stigmates d’une naissance prématurée étaient bien présents. Je ne les voyais pas sur moi. Je les ressentais via le comportement des autres enfants.

Ils ne se moquaient pas de moi, ils m’évitaient simplement. J’étais transparente. Comme à la maison d’ailleurs, grâce aux livres j’étais transparente. On me laissait à la maison seule pour aller faire des courses, et je refusais d’aller aux soirées parentales « à cause de mes devoirs » ou parce que j’étais « dans un livre ».

En cm2 j’étais celle qui avait le plus de poitrine, j’intéressais les jeunes garçons uniquement pour ce point là. Mais seuls leurs regards parlaient. Je n’y pensais même pas. Les garçons regardaient sous les jupes…

Je me souviens d’un fait bien précis dans l’école privée que je fréquentais dès la 6ème. Pendant la récréation je restais bien en place, des jeunes garçons « s’amusaient » avec une « copine ». Les bruits ont attiré la soeur surveillante. Tout le monde a été puni, même moi. Et j’ai fais la punition.

A écrire ses quelques lignes mon caractère passé m’ennuie. J’ai laissé faire pendant de longues années. J’étais transparente, seule et me protégeais.

J’ai connu des émois amoureux dès cette période mais c’est à peine si j’osais m’inviter à parler à ce jeune homme. Je me souviens encore de sa poitrine, de sa chaîne. Il était beau, et le savait probablement.

C’est aussi à cette période que j’ai compris qu’une femme pouvait être amoureuse d’une autre femme. Je m’étais fait une amie qui ne me quittait pas du soir au matin. Elle me collait. Nous avions fait ensemble un devoir sur la peine de mort. Bien noté car très bien argumenté.

Mes parents m’ont inculqué le respect et la politesse. Cette école catholique m’a assurément donné l’envie de fuir face à l’hypocrisie humaine. J’ai cherché longtemps une religion qui puisse m’apporter un bien-être, longtemps.