Le fil d’Ariane

Comment passer d’une série américaine (en l’occurence murder) à la mythologie grecque (Pandore, Ariane and Co) ? Et bien en cherchant un titre d’article. Cela m’a permis de me remémorer certaines histoires bien sombres chez les Grecs.

Passons.

Pour le moment j’ai très peu lu sur les cas de survivants suite à un avortement (avorté). Il est fait mention beaucoup des parents mais les enfants (victimes) survivants ne sont pas « légion ». Encore une fois je n’ai pas fais de recherches approfondies (cela va venir).

Il est certain que je me sens comme libérée (non pas la chanson.. je ne veux pas garder l’air en tête toute la journée !) je dirais apaisée par rapport à toutes ses années et mon comportement qui parfois m’interrogeait*. Je suis victime mais j’ai eu aussi un frère mort suite à une autre interruption de grossesse avant moi.

Une bonne fois pour toute je tiens à préciser que l’avortement est le choix de chacun selon ses convictions et sa vie. Je n’ai pas à juger et ne donne pas de jugement. Je suis handicapée suite à un avortement raté qui dans les années 60/70 s’apparentait à de la barbarie. Mes parents ne me souhaitaient pas, ils s’y sont pris un peu trop tard pour me le faire savoir (prématurée 6 mois). J’ai par la suite entendu que j’étais « un accident », la petite dernière… il y a des choix que l’on porte toute une vie jusqu’au jour où l’on souhaite s’en débarasser pour ne plus porter la « connerie » (le mot est faible) des autres.

Je ne vais pas ouvrir la boîte de Pandore, parce que découvrir le terme de « survivante » m’a permis de mettre des mots sur des questionnements et cela éclaire ma vie je peux avancer. Voici pourquoi je préfère « le fil d’Ariane » (et l’histoire d’Ariane est tout de même plus sympa).

Je croyais avoir fait le tour de moi même, pour être coach (et une personne « équilibrée » ahahaha) il faut avoir au moins fait le tour de soi-même ! Et bien j’en apprends encore et toujours ! J’ai envie de découvrir les « autres » ce qui ont vécu comme moi ce traumatisme et l’ont porté une bonne partie de leur vie.

La vie me fait un joli cadeau ! Surprenant mais nourissant.

 

*Pour mémoire (extrait recopié sur le second site que j’ai consulté) :

Le traumatisme post IVG du survivant dans la fratrie
Ce syndrome est connu des professeurs Jacques Couvreur (hôpital Trousseau), du Dr Monique Rollet (maternité Ste-Félicité), du Dr. Marie Peeters (Hopital des Enfants Malades)
Dans les familles, même si l’avortement est un non-dit,  c’est un pseudo secret entretenu par toutes les générations. L’enfant qui y a échappé sait, dans son subconscient , qu’il n’a été gardé en vie

  • que pour des raisons fortuites,
  • parce que le désir de ses parents en a décidé ainsi, a mis en balance d’autres considérations secondaires au regard de ce qu’il est !

Lorsque des parents subordonnent la survie d’un enfant à leur désir, l’enfant perd alors, ipso facto, toute valeur intrinsèque.
L’enfant est conscient que son droit d’exister n’a pas été lié à sa condition humaine, qu’il n’a pas de valeur en lui-même mais dépend seulement du regard des autres. Pourtant, ce n’est qu’en prenant conscience de sa valeur intrinsèque

  • qu’il va se respecter lui-même,
  • et, par suite, respecter les autres et se construire !

Ce syndrome est expliqué par les psychologues par le mécanisme dit « des masques ». Si des conflits répétés obligent l’enfant à lutter pour survivre, le développement de sa personnalité s’en trouvera entravé. Il s’ensuit une déchirure qui s’exacerbe  autour de la douloureuse constatation de  ce qu’il est, en regard de l’intuition qu’il perçoit de ce qu’il devrait être.
Alors, l’enfant blessé réalise que la tragédie qu’il est en train de vivre le mènera à perdre le contact avec la réalité de ce qu’il vit en vérité.  Ne pouvant « tuer » sa famille, ni ne voulant se « tuer » lui-même, il va se scinder en trois en élaborant trois images de lui-même :

  • Une image juste : Il l’ajuste à la signification profonde de son être, en tenant compte de ses blessures. Mais cette image est rare parce que souvent masquée par les deux autres :
  • Une image optimiste : Il déborde d’énergie, cherche à briller, à plaire, … mais il ne peut s’illusionner longtemps et finit par se fatiguer.

Il devra, à terme, troquer son « masque » avec l’image suivante :

  • Une image déprimée : Il grossit son malheur et l’étale avec complaisance, voire le noie dans le sommeil ou l’alcool.

Les deux fausses images ont pour fonction de protéger le centre de la personne pour que les agressions ne l’atteignent pas. Ces personnalités de rechange sont inadéquates et empêchent la personnalité de se réaliser. Il faut donc jeter les « masques » car la découverte de la signification profonde et éternelle de son être est la condition sine qua non de son accomplissement et de son bonheur.
De multiples cas existent de « survivants » :

  • Le survivant statistique… dans les pays où l’avortement est massif
  • Le survivant désiré… qui a survécu à une réflexion des parents qui avaient envisagé l’avortement.
  • Le survivant menacé qui s’entend dire : « tu me déçois… j’aurais du t’avorter »
  • Le survivant handicapé qui a échappé à l’avortement thérapeutique et qui a souvent conscience de son sort.
  • Le survivant par chance dont les parents n’ont pas fait les démarches en temps utiles,
  • Les survivants qui sont sortis de la loterie du tri parmi les surnuméraires précédant une fécondation in vitro

Tous ces « survivants » ressentent que leurs parents qui leur disent les aimer,  ont en fait été capables de tuer. Ils vont donc développer des troubles qui pourront varier entre :

  • La culpabilité existentielle «  je suis responsable de la mort de mon frère »
  • L’angoisse existentielle : « je veux vivre, mais quelque chose va m’arriver »
  • L’ambivalence affective : « mes parents m’aiment mais étaient capables de me tuer »
  • La peur de savoir : « Il faut que je sache, mais… »
  • La méfiance : « je ne peux faire confiance à personne »

Tout cela s’accompagne d’une perte personnelle du sens moral, du respect d’autrui, et du respect de soi-même. Le rejet de toute autorité accompagne souvent cette situation.

 

 

 

 

 

Survivante

Ce soir je regarde la 4ème saison de « murder » sur netflix. Je m’arrête sur les propos tenus par une avocate, je les passe en boucle 3, 4, 5 fois. « Tu m’as jeté de ta vie comme n’importe laquelle de tes étudiants, comme si tout ce que j’avais fait pour toi n’avait aucune valeur parce que moi-même je n’ai aucune valeur. »

Et j’ai comme un flash je me dis que c’est en fait cela qui m’a atteint toute une partie de ma vie avant que je me « répare » toute seule, patiemment. Je n’avais aucune valeur ni auprès de mes parents, de ma famille, ni des hommes qui ont traversé ma vie.

En quelques secondes j’en arrive au mot qu’avait résumé mon premier entretien avec l’ostéopathe qui m’a permis de retrouver mon équilibre physique. « Vous êtes une survivante ».

Je suis tombée immédiatement sur cette page, le syndrome du survivant : https://lessurvivants.com/le-syndrome-du-survivant/

Je vais la lire.

Moi qui pensait être sortie de tout cela j’ai comme un besoin de me replonger dans un « dernier chapitre ». J’espère que j’y trouverai ce que je cherche puisqu’ apparemment je cherche encore.