Yeah !

J’ai voulu suivre mes études au moins jusqu’au BTS. Pour cela, j’ai du suivre mes parents dans le sud ouest de la France. Ils partaient en retraite.

Arrivés dans cet gentilhommière, nous nous sommes aperçus que je n’avais pas de chambre pour moi. Mon père en a construit une de ses propres mains comme il avait construit la maison entièrement.

Merci 🙂

Ses années là furent magiques en tant qu’étudiante. Habiter une nouvelle ville aussi loin que possible de celles de mon enfance m’a permis de m’émanciper bien plus vite. Lorsque des années plus tard mes parents ont voulut rentrer en saone et loire, je ne les ai pas suivi.

Les études, un job, les copains, petit ami… presque comme une vie normale…. mais j’ai du revenir en saone et loire pour ma famille. Je n’ai pas su dire non. Je suis restée un mois chez eux : le calvaire.

Je partais très tôt le matin et rentrais tard le soir pour ne pas les embêter. Pour ne pas embêter ma mère qui me prenait à nouveau pour une adolescente. Je l’appelais « le sergent ». Mes neveux et nièces l’appelaient aussi comme cela, je l’ai su bien des années plus tard.

Un nouveau travail, une nouvelle vie, un déménagement (le premier parmi de nombreux). J’étais enfin chez moi, salariée et heureuse.

Etre salariée m’a permis immédiatement de partir en Italie, Venise. J’ai pu acheté des linges de maison, des objets à moi ! Je n’étais pas trop déco mais la seule chose qui m’importait est que j’étais chez moi.

J’ai déménagé de multiples fois pour le travail ou pour des raisons personnelles (retrouver mon petit ami). Je ne me suis pas aperçue que pendant toutes ses années je prenais « doucement mais surement » du poids.

Je cherchais toujours la spiritualité qui me correspondais et encore plus le grand amour.

Et puis il y a eu un grand bouleversement dans ma vie. Une série télévisée.

Mon autre soeur

L’une a trouvé refuge dans la religion et l’amour de Dieu.
L’autre s’est mariée très jeune, à peine majeure. Mariée à un homme qui ressemblait à Magnum (pour les fans de séries des années 80).

Elle est partie de la maison familiale pour créer son propre foyer et vivre un enfer. Celui de la violence.
Son mari peut être aussi charmant que violent.

Dès l’âge de 8 ans j’ai compris et vu certaines choses, je la questionnait sur les bleus… Son regard fuyait, sa voix s’agaçait si l’on insistait. Les années ont passé. Elle a eu des enfants (qui sont partis tôt du foyer) et n’est jamais partie du foyer.

Ses enfants ont vécu. Heureusement, pour le peu que j’en sache, ils ont su devenir des personnes aimantes pour leurs propres familles. Je n’ai pas été là pour les aider tout le temps mais moi aussi j’ai fuis.

Elle a subit tout cela (moralement et physiquement) pendant près de 50 ans.

J’ai vécu avec eux quelques mois, par obligation médicales. Ils ont eu la gentillesse de me recevoir chez eux en hébergement. J’en suis partie en comprenant ce qu’elle pouvait subir en perversion.

J’ai fuis la aussi pour ne plus jamais y revenir. En fait j’ai compris qu’ils s’aimaient ainsi d’après elle. Que c’était de l’amour.

Lorsque je suis partie de « chez mon beau-frère », je suis passée devant lui et j’ai dis au revoir au chien.

Je pense que lui aussi à vécu des choses difficiles dans son enfance. Il n’a pas pu/su analyser et guérir de cela. Ses enfants en ont porté le poids.

J’ai repris contact il y a peu, par téléphone.

Ma soeur « libre »

Pendant que je tentais, autant que possible, de suivre mes études, ma famille s’éclatait en morceaux. Mes parents se disputant régulièrement parce que mon père rentrait tard…. j’ai même compris un jour que ma mère l’avait surpris en train de voir « des filles sur scène ».

Ma soeur aînée, dès lors qu’elle s’est enfuie de la maison parentale, a toujours tenté de vivre en liberté, révolutionnaire, non plutôt spirituelle. Recherchant toujours l’amour auprès d’autres vies, d’autres lieux.

Elle a eu de nombreuses vies, elle a fait de nombreux dérapages, 4 enfants plus tard, une île éloignée, un second couple qui semble avoir tenu.

Je l’ai a-do-ré. C’est elle qui m’a tout appris. La riposte, la réflexion, le doute, l’envie de… Ma mère voyait notre relation nocive. Elle nous interdisait de nous voir, de nous parler. C’était le diable ma soeur. Cette dernière est devenue témoin de Jéhovah. J’ai longuement appris avec elle, au sein de son groupe. Mais j’en suis partie.

Il y a plus de 20 ans, lors de mon premier voyage dans son île, nous étions enfin libres de nous prendre dans les bras l’une de l’autre. Elle m’a fait découvrir cet endroit mystérieux. Nous avons parlé religion. Nous avons parlé de Dieu.
Ce n’est pas tant soit peu la religion qui m’a arrêté mais Elle. Oui, elle que j’ai tant adoré et qui a été une maman pour moi m’a fait fuir son île pour ne plus jamais y revenir.

Simplement parce qu’au fond, elle était comme ma mère. Elle n’avait qu’un seul but, m’avoir. Me protéger sans doute, mais m’étouffer. Son autorité était identique à celle de ma mère. Donc lorsqu’elle m’a dit « si tu n’es pas témoins de Jéhovah, tu ne fais plus partie de la famille », je l’ai prise au mot et je suis partie pour ne plus jamais y revenir.

Mon enfance

Dès la maternelle, j’ai compris que je n’étais pas comme les autres. A la récréation, les autres m’évitaient. Je faisais semblant de courir après quelqu’un au mieux, au pire j’essayais de rentrer dans les couloirs pour me cacher et attendre la reprise des cours.
Je traînais des pieds, marchant à l’intérieur. Les stigmates d’une naissance prématurée étaient bien présents. Je ne les voyais pas sur moi. Je les ressentais via le comportement des autres enfants.

Ils ne se moquaient pas de moi, ils m’évitaient simplement. J’étais transparente. Comme à la maison d’ailleurs, grâce aux livres j’étais transparente. On me laissait à la maison seule pour aller faire des courses, et je refusais d’aller aux soirées parentales « à cause de mes devoirs » ou parce que j’étais « dans un livre ».

En cm2 j’étais celle qui avait le plus de poitrine, j’intéressais les jeunes garçons uniquement pour ce point là. Mais seuls leurs regards parlaient. Je n’y pensais même pas. Les garçons regardaient sous les jupes…

Je me souviens d’un fait bien précis dans l’école privée que je fréquentais dès la 6ème. Pendant la récréation je restais bien en place, des jeunes garçons « s’amusaient » avec une « copine ». Les bruits ont attiré la soeur surveillante. Tout le monde a été puni, même moi. Et j’ai fais la punition.

A écrire ses quelques lignes mon caractère passé m’ennuie. J’ai laissé faire pendant de longues années. J’étais transparente, seule et me protégeais.

J’ai connu des émois amoureux dès cette période mais c’est à peine si j’osais m’inviter à parler à ce jeune homme. Je me souviens encore de sa poitrine, de sa chaîne. Il était beau, et le savait probablement.

C’est aussi à cette période que j’ai compris qu’une femme pouvait être amoureuse d’une autre femme. Je m’étais fait une amie qui ne me quittait pas du soir au matin. Elle me collait. Nous avions fait ensemble un devoir sur la peine de mort. Bien noté car très bien argumenté.

Mes parents m’ont inculqué le respect et la politesse. Cette école catholique m’a assurément donné l’envie de fuir face à l’hypocrisie humaine. J’ai cherché longtemps une religion qui puisse m’apporter un bien-être, longtemps.

1969

Il s’agit de l’extrait de votre tout premier article.

Je suis née à 6 mois, prématurée, toute petite. Tenant à peine dans une boîte à chaussures lorsque je suis sortie de la clinique 3 mois plus tard. Je ne me souviens pas de ses moments, en revanche mon corps et mon esprit en ont gardé longuement la trace.

A peine 6 mois, « un accident ». Le médecin de famille avait tenté de me faire passer en introduisant une aiguille à tricoter. Sans succès. J’ai survécu et je suis née.

De mon enfance, je garde l’image de la couleur orange qui tapissait les murs de la cuisine. L’image d’une famille « où tout va bien ». Les problèmes ne se disent pas à l’extérieur, ils ne se disent pas non plus à l’intérieur, ils se crient.

Non, je n’ai pas eu d’enfance malheureuse. Seulement les non-dits et les mensonges sont la base de mon éducation. Faire semblant.

Chétive, je me mis à marcher après 24 mois, en revanche, je papotais tout le temps et même avec des inconnus aux arrêts de bus. Je faisais la lecture du journal de la veille.  J’étais une petite fille blonde, tellement blonde que mes cheveux en devenaient blanc. J’étais « adorable ».
Je me souviens d’un jour où ma mère a appelé le médecin et qu’en face d’elle j’ai avoué que je n’étais pas malade. Que je l’avais fais exprès. Je me souviens aussi d’un jour où ma mère s’est mise à courir de la cuisine à la salle à manger avec un couteau à la main. Ma soeur est partie de la maison.

Mon autre soeur tricotait des vêtements pour mes poupées.

Pendant de très longues années, j’ai mis la faute uniquement sur ma mère qui avait des crises de folies dès que l’on n’appliquait pas ce qu’elle demandait. Ma première soeur est partie, la seconde s’est mariée jeune. « L’accident » est restée avec ses parents bien sage.

Entourée de livres, tellement qu’un professeur de français avait même demandé, des années plus tard, à ce que je m’arrête de lire. Je n’avais pas compris le message à l’époque. Bien trop jeune. Bien trop sage.

Entre deux romans je baignais dans mes études (bien difficilement), dans les méandres des établissements médicaux et, à la maison, dans les silences et les cris parentaux. Il fallait que mon père boit pour avoir un peu de courage et élever la voix.

Musicalement, Brassens s’invitait à la maison. Je partageais ses instants avec mon papa le dimanche, juste avant le marché.